MARIANNES - Saveur Mag
Sans pub, pour le plaisir
Marianne, cela se prononce dans toutes les langues...
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"Saveurs de France" (dénomination initiale, la plus courante)

"Saveurs de France-d'Europe" (l'intitulé statutaire),

Parfois "Saveurs d'Europe"
(intitulé souvent privilégié lors de rencontres transfrontalières)

L'intitulé de l'amicale, officialisé par les statuts déposés, n'est pas gravé dans le bronze en ce qui concerne l'usage courant. Saveurs de France l’emporte plutôt quand on évoque globalement l’association, si ce n’est « Saveurs » tout court… Sa Marianne effigie, quoi qu’il en soit, demeure aussi juvénile qu'à sa création, au début du millénaire, par les designers de Collonges-au-Mont-d'Or Alain et Dominique Vavro.

Des imagiers-décorateurs-inventeurs-graphistes-metteurs en pages-entrepreneurs, que Jacques-Louis Delpal avait rencontrés dans l'univers Bocuse, puis souvent retrouvés à Lyon et sous d'autres cieux.

La Marianne joliment dénudée qu'ils ont imaginée a illustré l'assiette-trophée qu'édita et offrit Villeroy & Boch, maintenant pièce de collection. Définitivement dessinée en 2000, elle est toujours vedette du diplôme. Buste aussi ferme que celui de la porte-drapeau de Delacroix, quoique d'arrondi moins guerrier : l'effigie de l'amicale gourmande.

Le diplôme de l'association, en rappel de petite histoire, avait originellement été centré sur une Marianne scolaire immédiatement jugée trop digne.


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Un essai avait ensuite été très fugitivement esquissé avec, en fond, la photo estompée d'une Marianne imaginée en 1970 par Aslan, notamment illustrateur des pin-up de Lui.
Mais cette Brigitte Bardot coiffée phrygien, ravissante et certainement gourmande, avait une vocation de buste de mairie et était destinée à une autre carrière : bien qu’une pré-maquette eut été paraphée par des restaurateurs illustres, en guise d’approbation, elle ne pouvait s'intégrer au diplôme.
Celui-ci passa définitivement du format "paysage" au format "portrait" en intégrant la Marianne imaginée par les Vavro à la suite d'une manifestation "Saveurs" à Lyon, au SIRHA.


Pourquoi Marianne ?


Mais pourquoi avoir songé à une Marianne avenante? L'expliquer revient à conter l'histoire de Saveurs de France, qui faillit naître sous une bannière "Saveurs d'ailleurs", s'affirma européenne quand le franc laissait la place à l'euro.... et se régale volontiers des exotismes enrichissant la gastronomie française.

L'idée de l'amicale s'esquissa en 1993 ou 1994, lors d'une longue balade à pied dans Paris de Jacques-Louis Delpal et
Léon Vifian (le plus français, le plus parisien des Vietnamiens, restaurateur rue de Verneuil à l'enseigne de Tan Dinh).
Peut-être sortaient-ils du Fouquet's, nul n'est parfait. Peut-être avaient-ils un peu bu.
Ils regrettaient la disparition annoncée du prix Marco-Polo Casanova, depuis longtemps décerné dans le restaurant des Champs-Elysées, qui connaissait des problèmes. Ce prix, imaginé par Maurice Casanova, récompensait chaque année l'un des meilleurs restaurants étrangers de Paris.


Vifian-Léon
Léon Vifian, en 1997, rue de Verneuil. Trente ans auparavant, il avait créé
le premier restaurant familial près des arènes de Lutèce (son épouse était en cuisine).


Delpal était membre du jury du Marco Polo-Casanova, qui réunissait les principaux critiques gastronomiques, des chroniqueurs, des écrivains au bon appétit. L'asiatique grand amateur de vins français (Robert et Freddy, ses fils, devinrent des connaisseurs passionnés) avait été lauréat.

Pourquoi pas un prix Saveurs d'ailleurs ? Ou Saveurs de France et d'ailleurs... L'idée de l'amicale se précisa lors de discussions avec le journaliste argentin Oscar Caballero et la japonaise Kazuko Masui, auteure d'un livre sur les fromages de France traduit en plusieurs langues... dont le français.

Les réunions fondatrices se déroulèrent chez Tan Dinh, à l'Ambassade d'Auvergne. Signe d'œcuménisme.

Un tournant allait bientôt être pris grâce... à l'andouillette et à la 5 A (
AAAAA).

Jacques-Louis Delpal était l'un des jurés dégustateurs de cette association "charcutière", au sein de laquelle il avait sympathisé avec Gilbert Lemelle, charcutier lauréat de Troyes, et son fils Dominique. Ils lui ouvrirent les portes du Salon de l'Agriculture, alors présidé par un de leurs parents, Pierre Fauconnet, le mirent en relation avec Eugène Schaeffer, agriculteur de grand entregent, avec l'équipe d'Acta, avec Serge Martin, spécialiste des problèmes agricoles. Celui-ci contribua considérablement à structurer l'association naissante.

Marc Beyer et quelques copains alsaciens donnèrent un fort coup de main (c'était au temps de Festiga, formidable et éphémère manifsstation colmarienne que le négociant-viticulteur présidait).

Les premiers diplômes de l'association, proclamés par Pierre Bonte, furent décernés à Paris en 1995 (voir la page
Lauréats). Cela fut fêté à l'Ambassade d'Auvergne et au Carré des Feuillants, ainsi qu'au musée Carnavalet. La séquence suivante se déroula à Strasbourg, notamment Chez Yvonne, winstub alors institutionnelle.

De grandes rencontres, organisées en toute indépendance, se déroulèrent dans le cadre du Salon de l'Agriculture. Parmi les participants, certains revenant plusieurs années de suite : Paul Bocuse, Pierre Troisgros, René Lasserre, Claude Terrail, les Haeberlin, Marc Meneau, Alain Ducasse, les Mavrommatis, Emile Jung, Jacques Lameloise, Jean Bardet, Jean-Louis Leimbacher, Alain Dutournier, Henry Marionnet, Edouard Carlier. Michou apporta une touche de bleu à trois rencontres.

François Petrucci, lauréate du tout début (1995), accueillit le siège de l'amicale à l'Ambassade d'Auvergne.
Il y est toujours fixé.

Dénommer les diplômes


Delpal s'était souvenu que Pierre Bonte, coprésident de l'association et alors son porte-parole, collectionnait les Mariannes de mairie et les représentations de la la figure allégorique (souvenir de «Bonjour, Monsieur le Maire», émission radio populaire diffusée pendant 15 ans).

Pourquoi ne pas décerner des
Marianne(s) ? Cela sonnait aussi bien que César(s)— récompense alors décernée depuis une vingtaine d'années. Il n'y eut pas débat. Sinon pour s'interroger vaguement quant à l'emploi du pluriel sur le diplôme.

Un énorme article de Michel Piot dans le Figaro, suivi d'une second, d'un troisième, une page dans l'Huma. Des papiers de Périco Légasse, Philippe Couderc, Gilles Pudlowski... Puis les nombreuses citations par Anne Hudson, alors vedette de France-Info... Des pages entières dans la presse de province... Une étagère de press-books.

Les Allemands pro-Marianne


Lors de la première manifestation hors des France, à Fribourg Forêt-Noire, le problème de la dénomination fut évoqué.

Trop française, cette Marianne ? Nos amis allemands très "étoilés" Michelin tranchèrent : ils étaient fiers de recevoir une Marianne. Pas question chercher plus international, même pour récompenser le meilleur kirsch de la Forêt-Noire, les meilleurs vins du Kaiserstuhl, le Colombi de Fribourg...

Marianne, cela sonne bien dans toutes les langues.

On le savait, en fait, depuis 1999. Cette année là, les Vavro avaient reçu au SIRHA une Marianne pour leurs décors de restaurants et leur imagerie de table. Le diplôme, qui allait dorénavant être égayé par leur dessin, fut également remis à quelques chefs et restaurateurs étrangers présents à Lyon.